Le harcèlement sexuel et les PickUp Artists

Parfois accusés d’inciter au harcèlement sexuel, les Pick-Up Artists n’ont pas la côte auprès des féministes. C’est le moins que l’on puisse dire.

Si vous tapez Pick Up Artist sur google et que vous lisez les blogs qui s’adressent au public féminin, vous trouverez une kyrielle d’articles à charge contre eux…

Sexistes, harceleurs, misogynes, pervers narcissiques, immondes manipulateurs et j’en passe !

Une pluie d’anathèmes s’abat sur le Pick-Up Artist, comme s’il s’agissait de la version la plus abjecte de l’homme moderne.

J’ai lu plusieurs de ces articles et je dois dire que, par empathie envers les femmes, je serais bien tenté d’être d’accord sur quelques points.

  • Aborder une inconnue qui n’a rien demandé…
  • Utiliser des techniques « prêtes à l’emploi » pour lui plaire…
  • Désirer la séduire, ce qui effectivement implique en partie – mais pas uniquement – de chercher à coucher avec elle…

…On peut penser qu’aucun de tous ces points n’est tout à fait sain.

Peut-être devrions-nous nous sentir coupables d’aborder les femmes et les séduire, comme nous devrions nous sentir coupables quand nous visitons un site porno…

Peut-être devrions-nous avoir honte de notre sexualité qui nous pousse à agir ainsi…

Toutefois, deux choses me dérangent :

  1. Ce qu’elles reprochent surtout au pick-up artist, finalement, c’est d’être un dragueur.

Or, en reprochant à l’homme de draguer, on lui reproche sa sexualité…

N’en déplaise à certaines femmes, pour un hétérosexuel normal, draguer est un comportement normal.

  • Oui, l’homme a envie de rencontrer des femmes attirantes. Alors il en aborde parfois, quand il en a le courage.
  • Oui, l’homme a un ardent désir de séduire les femmes. Il veut gagner leur affection et coucher avec.
  • Oui, à cause de cet ardent désir, l’homme préféra toujours changer son comportement et utiliser des techniques pour être efficace, plutôt que de prendre des râteaux ! Quelque part, c’est de l’instinct de reproduction, comme lorsque les filles mettent du maquillage. Il cherche à optimiser leurs chances de plaire et séduire.

La nature aurait pu faire l’homme différemment. Le créer sans ce foutu vice qu’on appelle « la sexualité ». Mais elle la fait ainsi.

L’homme est un séducteur par nature. Je pense que beaucoup de femmes (tolérantes) l’ont intuitivement compris.

Les féministes ne peuvent pas culpabiliser l’homme pour sa sexualité, tout en lui reprochant de faire culpabiliser la femme pour la sienne.

Ou alors on devrait changer de paradigme et retourner à une société puritaine. Où tout le monde devrait refouler sa sexualité !

  • On interdirait aux hommes de draguer et regarder du porno, parce que ça dérange certaines femmes ;
  • On interdirait aux femmes mettre des fringues susceptibles d’attirer l’attention et d’avoir une sexualité libérée, parce que ça dérange certains

L’autre solution serait qu’elles acceptent simplement la sexualité masculine.

Qu’elles acceptent que l’homme aime séduire, qu’ils aiment les beaux corps féminins, mais que ça ne fait pas de lui un prédateur sexuel ou un pervers !

Du moins pas tant qu’il respecte la femme, et que sa sexualité reste contrôlée et bien gardée à l’abri dans sa vie privée.

Interdire carrément à l’homme de draguer, c’est vouloir retourner à un monde puritain dont personne ne veut vraiment.

  1. Elles ont visiblement du mal à comprendre la différence entre drague et harcèlement sexuel.

La distinction entre drague et harcèlement sexuel est absolument évidente à mes yeux.

Affirmer qu’un homme fait du harcèlement sexuel parce qu’il ose adresser la parole à une femme dans un lieu public, c’est un raccourci absolument grotesque !

C’est comme si on affirmait que lorsqu’une femme possède des désirs sexuels, c’est forcément une nymphomane…

Il y a tout de même une sacrée différence entre les deux !

Si une personne ne sait pas faire cette différence, le problème vient d’elle.

En faisant un tel raccourci, certaines féministes sont en train de faire exactement ce qu’elles reprochent aux hommes de leur avoir fait pendant des siècles : les culpabiliser pour leur sexualité, les empêcher de s’épanouir sexuellement.

Car oui : l’homme doit endosser un rôle plus actif que la femme dans la séduction. C’est une réalité anthropologique.

S’il ne provoque pas la rencontre, n’entame pas la conversation, ne propose pas le rendez-vous, n’initie pas le premier baiser, etc., la femme ne le fera pas à sa place ! Ou du moins très, très rarement.

En lui faisant peur et en le faisant culpabiliser d’être actif dans sa vie affective et sexuelle, on le condamne à ne pas en avoir !

De même, et c’est un avis plus personnel, en interdisant à l’homme d’essayer de rencontrer les femmes dans son quotidien (via les campagnes sur le harcèlement de rue, le harcèlement au travail, etc.), on l’oblige à se retrancher dans quelques lieux de rencontres socialement acceptables, comme internet.

Je n’ai rien contre internet, bien au contraire.

C’est un formidable moyen de rencontres. Seulement, il faut que ça reste un moyen parmi d’autres !

Si demain 99% des couples se forment sur internet, les rencontres amoureuses n’auront plus rien d’original.

On aura tous la même version à raconter à nos enfants.

Quelque part, ça risque de tuer l’aspect « mystérieux et magique » de la rencontre amoureuse, comme le fruit du destin entre deux âmes faites pour se rencontrer.

Et ça aura possiblement des conséquences sur la longévité des couples, la volonté de construire une vie de famille.

L’affaire julien blanc, où l’origine de l’association entre harcèlement sexuel et pick-up artist

J’ai commencé à m’intéresser à la séduction au milieu des années 2000.

À l’époque, le Pick up artist n’était pas particulièrement bien vu.

Les féministes ne les avaient pas vraiment à la bonne et les médias les prenaient pour des hurluberlus en prétendant que leurs théories étaient bidon.

Mais ils étaient tolérés.

Je dirais même qu’aux yeux du grand public ils créaient une sorte de curiosité amusée.

Certains reportages TV montraient des hommes aborder des inconnues dans la rue.

Ils les tournaient un peu au ridicule pour orienter l’opinion publique vers l’idée que ça ne marchait pas.

C’était tout.

En tout cas on ne disait pas que le pick up artist faisait du harcèlement sexuel son gagne-pain.

Ce n’est que plus tard, avec l’affaire de Julien Blanc, que le pick up artist est devenu un paria.

Pour la promotion d’un programme de séduction qu’il lançait avec sa compagnie (Real Social Dynamic), l’homme en question a eu la très, très mauvaise idée de se filmer en train de draguer des filles avec une certaine agressivité physique.

C’est de là qu’est née cette association biaisée entre harcèlement sexuel et pick-up artist.

Du moins dans les médias et l’esprit des féministes.

Ensuite les médias ont mené leurs investigations. Ils ont fini par trouver d’autres coachs un peu perchés qui tenaient des propos borderline. Mais avec les milliers de coachs en séduction à travers le monde, ce n’était pas si difficile.

On trouve des pommes pourries dans tous les corps de métiers : des avocats véreux, des politiciens corrompus, des policiers racistes, des instituteurs pédophiles, etc., etc., ce n’est pas pour autant qu’il faille en faire une généralité.

Or, il a fallu qu’un PUA déconne pour qu’ils concluent que tous étaient pareils.

Pick-up artist = harceleur sexuel ?

Je comprends les reproches des féministes à l’encontre de certains PUA.

Le problème, l’obsession de certaines femmes à l’égard des comportements masculins déviants les entraine à voir partout !

Ce n’est pas si étonnant qu’elles réduisent tous les pick-up artist à une caricature du macho manipulateur qui ne respecte pas les femmes.

Seulement voilà : cataloguer tous les pick up artist d’affreux misogynes, parce que quelques-uns d’entre eux ont des propos douteux, c’est comme si on cataloguait tous les auteurs allemands du XXe siècle d’antisémites parce que l’un d’eux a pondu Mein Kampf. (Ça y est : le point Godwin est atteint !)

Honnêtement, j’exagère à peine…

Des hommes qui se prétendent « pick up artist », il y en a des centaines de milliers.

Et on en trouve de toutes sortes !

Quelques-uns sont misogynes et ne pensent qu’à leur sexe, mais pas TOUS.

  • Certains prônent le mensonge et la manipulation, d’autres le naturel et la franchise.
  • Certains flirtent avec le harcèlement sexuel, d’autres font plutôt en sorte que ce soit les femmes qui les « chassent ».
  • Certains font cela pour le sexe, d’autres pour la compagnie féminine.
  • Etc., etc., etc.

La séduction est un très, très vaste sujet. Il y a mille façons de la penser et de la pratiquer.

La réduire à un type qui va dans la rue pour harceler sexuellement, c’est au mieux idiot, au pire malhonnête intellectuellement.

À ces quelques féministes qui font l’amalgame, j’ai envie de répondre : OUI, il y a une minorité d’hommes qui harcèlent les filles dans la rue et qui pensent être des « pick-up artist ».

Mais NON, tous les pick up artists ne font pas du harcèlement sexuel, loin de là.

Je ferais même remarquer une chose…

Dans les articles que j’ai pu lire, certaines femmes reprochent aussi aux pick-up artists de recommander aux hommes d’être distants avec les femmes.

De faire semblant de ne pas s’intéresser à elles en utilisant des techniques comme le neg, la disqualification ou l’actif désintérêt

Or il y a un paradoxe : comment peut-on se montrer à la fois distant avec les femmes et les harceler sexuellement ?

Il faut choisir entre l’un ou l’autre !

Ou alors reprocher l’un et l’autre, mais dans ce cas cesser de mettre tous les pick up artists dans le même panier.

Ce serait une première étape salutaire pour s’ouvrir à l’idée que, comme pour tout, il y en a des bons et des mauvais.

Qu’est-ce qu’un pick-up artist ?

Certains disent qu’un pick-up artist est un homme qui se prend pour un « artiste de la drague » (c’est la traduction littérale du terme pick-up artist).

Toutefois, un PUA ne se prend pas pour un artiste.

Et contrairement à ce que j’ai pu lire çà et là sur le net, ce n’est pas forcément quelqu’un qui utilise des techniques de séduction non plus.

Il existe des pick-up artists qui prônent une séduction naturelle, sans employer aucune technique.

On ne peut donc pas dire que le PUA est un dragueur qui utilise une panoplie de techniques de drague.

Aujourd’hui, le terme PUA, dans l’esprit des hommes qui s’intéressent à la séduction et qui maîtrisent le jargon, c’est plutôt le synonyme de « don Juan », ou d’homme à femmes.

C’est ni plus ni moins un homme capable de séduire des femmes régulièrement. Autrement dit : qui jouit d’un franc succès avec la gent féminine.

Est-ce qu’un homme qui séduit régulièrement des femmes est forcément un mauvais bougre ?

Pas nécessairement.

Il y a un tas de PUA avec une éthique irréprochable. Ils sont honnêtes et ne manipulent pas les femmes.

On peut aussi faire remarquer que, si un homme est un Pick-up artist, c’est parce que les femmes l’apprécient et le choisissent !

Elles aiment son attitude et sa compagnie.

Si le pick-up artist était réellement un harceleur sexuel, je ne suis pas certains qu’il plairait autant aux femmes…

Je dirais même que le pick-up artist est généralement aux antipodes du harceleur ! Il n’est pas « needy », et il a tendance à être sélectif, légèrement distant et détaché du résultat.

La drague N’est PAS du harcèlement sexuel

Il faut arrêt de stigmatiser le pick-up artist en l’associant à un harceleur sous prétexte que, comme ce dernier, il ose aller vers les femmes.

Oui le pick-up artist est un dragueur.

Mais vous ne verrez pas un pick-up artist suivre une femme sur 500 mètres dans la rue, insister encore et encore pour prendre son numéro de téléphone ou l’insulter si elle refuse de lui parler.

Au contraire, un vrai pick-up artist recommande toujours aux hommes de ne pas être needy, d’être le « PRIX » et aborder avec tact.

En réalités, les féministes confondent les pick-up artists – et les hommes qui osent encore draguer en règle générale – avec les délinquants qui, malheureusement, pour des raisons de laxismes politiques et juridiques, sont nombreux à être en liberté dans les rues.

Ces derniers ne draguent pas. Ils harcèlent et se montrent violents envers les femmes – parfois verbalement, parfois physiquement.

Je suis pour qu’on punisse sévèrement leurs actes.

Mais je suis aussi pour qu’on les distingue bien de tous les autres hommes, et qu’on ne punisse pas tous les hommes (en les cataloguant de « harceleur ») à cause d’eux.

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Richard

Richard

PickUp Artist et fondateur du site Pickup Alliance j'utilise la science comme outil de développement personnel pour aider les personnes à être plus heureuses dans leur vie personnelle et sentimentale.

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