Les automatismes du cerveau : le pouvoir de l’inconscient

pouvoir de l'inconscient

Si vous pensiez être maitre de vos actes et vivre dans le présent alors je vous conseille de lire la suite de cet article car il pourrait bien changer la perception que vous avez du monde et de la réalité. Découvrons ensemble pourquoi notre cerveau est l’arme de séduction la plus puissante qui existe sur terre. Bienvenue au cœur du cerveau et de ses automatismes.

Les automatismes du cerveau

Le cerveau humain est la structure biologique la plus complexe connue. Il peut accomplir de véritables prouesses dans le flot ininterrompu de données qui nous entourent mais commet également des erreurs à chaque niveau. La plus grande source d’erreur est due au fait que notre cerveau est programmé pour réaliser constamment des connexions même là où il n’y en a pas, c’est-à-dire en imaginant des choses qui ne sont finalement que de simples suppositions.

En une fraction de seconde, jusqu’à 15 milliards de neurones peuvent ainsi former ces connexions au sein du cortex cérébral (ou écorce cérébrale), fine couche stratifiée qui forme la surface du cerveau. Ce dernier est par ailleurs relié au thalamus, « régulateur » de notre conscience. Il décide des informations qu’il juge nouvelles et importantes pour les partager avec notre conscience.

Notre intelligence consciente (zone de décision) est quant à elle localisée dans la zone frontale (au-dessus du nos yeux) au sein du cortex orbitofrontal. Mais les décisions que nous prenons consciemment ne sont pas essentiellement dues à cette zone. Une autre forme d’intelligence est présente dans notre cerveau, en dessous du cortex cérébral, l’hippocampe. Son rôle est de stocker dans sa banque de données internes toutes nos expériences passées. C’est ainsi que nos actes sont déterminés en partie par l’intermédiaire de nos souvenirs.

Plusieurs centres de coordination jouent un rôle décisif en la matière. Le centre de la peur et de la panique situés dans les noyaux amygdaliens (appartenant comme l’hippocampe au système limbique (impliqué dans l’évaluation de la valence émotionnelle), l’un des trois systèmes de notre cerveau avec le système néocortex et reptilien) et ses opposants, le centre du plaisir et de la récompense situés le long du faisceau médian (MFB :MedialForebrain Bundle). Ils analysent chaque signal extérieur et traduisent le résultat par un sentiment.

En effet, l’une des caractéristiques du cerveau de l’être humain sont les signaux électrochimiques qui y circulent. Mais du fait que la boîte crânienne ne possède pas d’ouverture, le seul moyen d’accéder à l’information est de passer par les organes sensoriels (nos 8 sens) ou la mémoire (nous voyons à 99% ce qui est déjà présent dans notre mémoire et 1% intervient via les organes des sens. Pour percevoir un objet il faut donc déjà en avoir vu un semblable. À partir de ces données, nous nous faisons une représentation de la réalité qui nous entoure. Cette estimation rapide du monde qui nous est lacunaire nous permet d’avancer plus tranquillement dans la vie que si nous devions nous faire une représentation précise de celui-ci. C’est pour cela qu’il est dit que nous autres, êtres humains, n’avons jamais habité le monde tel qu’il est vraiment mais sommes prisonniers du monde tel que notre cerveau se le représente.

Cependant, nous ne pourrions vivre dans le monde qui nous entoure qu’en utilisant notre conscience, quoique celle-ci soit très souple. En effet, si nous devions n’utiliser que celle-ci nous effectuerions que très peu de tâches (4 à 5 informations simultanées et nous serions débordés), ne serions pas en alerte de notre environnement et serions extrêmement fatigués (notre cerveau brûle autant d’oxygène et de sucre que nos muscles).

Pour remédier à ce problème, un deuxième élément rentre en jeu : l’inconscient.

L’inconscient et ses automatismes

L’inconscient est le gardien de notre présent et automatise nos actes. Il reste en alerte de toutes situations lorsque notre conscience décide de voyager entre passé et futur. Un psychologue américain a estimé que notre cerveau enregistre 11 millions d’unités d’information simultanément mais seulement 40 d’entre elles le sont de façon consciente. En ajoutant à cela le fait que les signaux électrochimiques de notre cerveau peuvent traiter jusqu’à 200 milles données de plus que notre conscience, nous voyons que la part du moi conscient est extrêmement faible et tend à diminuer de plus en plus selon les spécialistes.

Arrêtons nous un instant et reprenons notre respiration. Nous avons pu voir jusqu’à présent une partie de la structure interne de notre cerveau et comment conscient et inconscient pouvaient cohabiter. Penchons-nous maintenant plus précisément sur l’inconscient et comment la séduction et l’amour sont étroitement liés aux faiblesses de notre cerveau.

Le pouvoir de l’inconscient

L’inconscient est puissant. Tellement puissant que notre conscience nie purement et simplement toutes les influences inconscientes. Notre cortex cérébral (siège de la conscience) est par exemple incapable de savoir d’où proviennent les informations lui arrivant.

Mais elle ne s’arrête pas là. Lorsqu’une idée nous vient à l’esprit, c’est-à-dire au moment où nous en sommes conscients, il faut savoir que notre cerveau l’a eue 1/3 de seconde avant même que nous en ayons eu conscience. Les décisions de notre inconscient sont prises avant d’avoir posé le pour et le contre (ce qui se fait de manière consciente) car toutes les données sont analysées de manière automatique, sans validation préalable. Nous vivons donc 300ms dans le passé.

Aussi, en séduction, c’est notre inconscient qui nous signale si la personne que l’on vient de rencontrer peut oui ou non correspondre à nos attentes. Au bout de 100 milli secondes nous arrivons à nous faire une opinion sur une personne. Est-elle fiable, compétente ou encore sympathique. Cet a priori est réalisé en généralisant par rapport à nos expériences passées stockées dans notre banque de données internes. Il n’est pas forcément exact mais à tendance à se façonner très rapidement, tellement rapidement que la raison n’a pas le temps d’influencer la réaction. C’est pour quoi, lorsque l’on désire faire la rencontre d’une inconnue, il est important de faire attention à son langage corporel et à son look. L’expression et les traits de votre visage vont également être scannés permettant à votre cible de se faire une opinion avant même que vous lui ayez adressé la parole. 3 000 expressions du visage sont ainsi porteuses de sens et nous les connaissons toutes.

Ensuite, durant l’interaction, il est primordial de mettre l’accent sur les émotions. En effet, en une fraction de seconde, un module (une aire) dans le lobe temporal droit du cerveau (le cortex inféro-temporal) destiné à reconnaitre les visages, va passer au crible l’ensemble des données stockées. La reconnaissance et le souvenir de votre visage seront d’autant plus faciles pour elle que l’émotion que vous lui avez procurée sera forte.

Pas loin de l’aire de reconnaissance des visages se trouve l’aire destinée aux mimiques dont le rôle est de capter les micros mouvements chez la personne puis de les interpréter. Les informations sont ensuite transmises à la zone responsable de l’empathie. Nos yeux perçoivent un visage et nous pensons ressentir ce que l’autre ressent à cause de signaux électrochimiques. Ainsi, il est de votre intérêt d’utiliser correctement la micro-calibration et votre corps pour activer pleinement cette zone chez votre cible.

Au fur et à mesure que vous créerez de la valeur et ferez grandir l’intérêt de votre cible pour vous, plus il vous sera facile de la berner. En effet, à partir du moment où nous sommes impliqués émotionnellement et que nous avons un intérêt personnel à voir se concrétiser une chose nous devenons plus facilement influençable.

Le cerveau et l’amour

Les scientifiques savent aujourd’hui que nous tombons plus souvent amoureux d’une personne qui nous ressemble et avons tendance à choisir notre partenaire dont la largeur de nez et le QI sont comparables aux nôtres. Ce sentiment provient de la libération dans notre cerveau d’une grande quantité d’hormones qui trouble notre perception et crée une dépendance. D’ailleurs, l’amour est le domaine où nous sommes le plus assujetti aux automatismes et contrairement à une idée reçue, les hommes tombent plus vite amoureux que les femmes et de manière plus durable. Mais chez les deux sexes c’est l’inconscient qui décide.

Cependant, au bout de 6 à 9 mois l’ivresse des premiers jours s’estompe. En effet, tomber amoureux revient à être stressé (production de cortisol, hormone produite par l’hypothalamus) et à activer notre amygdale, responsable du sentiment de peur. Elle nous place donc en alerte d’où l’agitation ressentie lorsque l’amour nous tombe dessus. Dans le même temps, cet état de panique nous rend aveugles, ce qui nous empêche de voir l’autre tel qu’il est avec ses défauts.

Parallèlement à cet état de stress, les centres du circuit de la récompense réagissent. L’hypothalamus sécrète de l’endorphine, un opiacé naturel qui nous rend euphoriques, tout comme la sérotonine produite par le tronc cérébral qui met notre humeur au beau fixe ou encore le noyau accumbens qui produit la dopamine, molécule responsable du sentiment de dépendance. Le cortisol accouplé à la dopamine, à l’endorphine et à la sérotonine agissent ensemble comme une drogue, ce qui nous rend au début de la relation dépendant et en état de manque dès que notre partenaire n’est plus à nos côtés. Nous commençons par ailleurs à nous ressembler de plus en plus grâce à la testostérone, hormone sexuelle présente en plus grande quantité chez l’homme mais qui a tendance à diminuer chez ce dernier alors qu’elle augmente chez la femme aux premiers jours d’une relation.

Au bout des 6 à 9 mois, ces drogues du bonheur commencent à s’estomper et à laisser place, si tout va bien, à l’ocytocine, hormone favorisant le sentiment d’attachement conduisant à une relation durable. A défaut, c’est la rupture du couple qui intervient. En outre, l’ocytocine est sécrétée par la glande tyroïde pendant l’orgasme et contrairement au cortisol, elle génère de l’empathie et le sens du sacrifice qui pousse à une relation durable.

Les faiblesses de l’inconscient

L’effet d’amorçage : la manipulation de l’inconscient

Comme nous l’avons vu dans la première partie, notre cerveau, bien qu’il soit extrêmement complexe, peut commettre énormément d’erreurs. L’effet d’amorçage est un phénomène auquel nous sommes soumis constamment et auquel notre cerveau s’y soumet inconsciemment.

Quelques exemples d’amorçage :

  • Nous tombons amoureux de quelqu’un avec qui nous avons vécu quelque chose de passionnant.
  • Nous dépensons davantage en pensant préalablement à un chiffre élevé.
  • Nous trouvons les gens plus sympathiques autour d’une boisson chaude que d’une boisson froide.
  • Nous remplaçons la chaleur sociale par la chaleur physique :
    • Bain chaud.
    • Feu de bois.
    • Boisson chaude.
  • Les personnes assises sur des chaises dures ont tendance à négocier plus âprement que ceux assis sur une chaise rembourrée (test réalisé par John Bargh professeur de psychologie à l’université de Yale, Connecticut)
  • Nous avons tendance à trouver une personne plus sérieuse lorsque celle-ci se trouve en présence d’un bloc note.

Les routines de pensées inconscientes

Les routines de pensées inconscientes (mindsets) ont été mises en valeur par Alan Schneider, directeur et neurobiologiste au sein du Centre for the Mind en Australie. Ce sont des schémas (modèles) construit à partir de l’association d’images et d’émotions qui se répètent jusqu’au moment où ils s’arrêtent brusquement. À cet instant, notre cerveau devient aveugle à toutes nouvelles idées. Pour augmenter et débloquer la créativité, Alan Schneider a trouvé comme solution de débrancher certaines parties du cerveau par l’envoi d’impulsion électrique afin de déconnecter la zone du lobe temporal gauche et activer le droit.

Note : Exception sur le site, cette contribution n’est pas 100% originale mais adaptée du documentaire « le cerveau et ses Automatismes : Le Pouvoir de L’inconscient ». Ce documentaire présente de manière intelligible les mécanismes sous-jacents du cerveau dont il me paraît primordial de vous en livrer une synthèse adaptée au domaine de la séduction.

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